• Olivier Scars

DOMAINE DE SÉVERIN 1976 45%

Dernière mise à jour : 16 sept. 2021


CREDIT PHOTO : PIERRE JEAN-FRANCOIS


Lorsqu’on parle de raretés au sein du patrimoine du rhum guadeloupéen, il est indispensable de citer la cuvée DOMAINE DE SÉVERIN 1976.


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L’histoire de ce domaine remonte à la fin du XIXème siècle lorsqu’un certain M. Séverin rachète l’Habitation Bellevue à Sainte-Rose (à ne pas confondre avec celle de Damoiseau au Moule ni avec celle de Marie-Galante).


Après plusieurs rachats successifs, c’est finalement Henri Marsolle qui acquiert l’Habitation en 1928 et la baptise DOMAINE DE SÉVERIN.


CREDIT PHOTO : RUMPORTER


En 1933, il y installe un moulin à eau avec une belle et grande roue à aubes alimentée alors par l’eau de la Grande Rivière à Goyave.

En 1952, ses 2 fils Edouard et Joseph reprennent l’entreprise.


En 1966, Edouard décède tragiquement suite à l’explosion de la chaudière de la distillerie.


Son frère Joseph modernise alors la distillerie en remplaçant notamment l’alambic historique par une colonne créole totalement en cuivre, puis par une colonne de distillation constituée de 19 plateaux (15 en inox et 5 en cuivre).


Le distillât coule alors entre 68 et 70%. CREDIT PHOTO : RUMPORTER


En 1986, la distillerie devient la 1ère de Guadeloupe à être ouverte au public.




Depuis 2008, les 3 moulins qui broient et pressent la canne à sucre fonctionnent désormais grâce à un moteur hydraulique.




CREDIT PHOTO : RUMPORTER


En 2014, la famille Marsolle menée par José Marsolle (fils de Joseph Marsolle) cède 65% de la société exploitante à José Pirbakas (30% en 2013, puis 35% de plus l’été 2014) qui possède des centaines d’hectares de cannes à sucre et en gère plusieurs milliers en Guadeloupe.


Suite à des différents juridiques, la famille Marsolle conserve l’appellation Domaine de Séverin, tandis que José Pirbakas devient l’exploitant de la distillerie et embouteille sous le nom de Distillerie de Séverin.


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La situation entre les 2 parties étant devenue chaotique, José Pirbakas démantèle la distillerie, ainsi que la roue à aubes (ce qui aura fait couler beaucoup d’encre au vu de sa valeur historique et sentimentale pour la famille Marsolle) avec comme projet de l’installer sur Grande-Terre.

Le Domaine de Séverin reste bien entendu quant à lui sur son site historique de toujours, rattaché à la commune de Sainte-Rose au Nord de Basse-Terre.

Trop jeune lors de mon premier voyage en Guadeloupe, puis trop occupé à visiter d’autres distilleries lors de mon second voyage, ce fut malheureusement trop tard lors de mes séjours suivants sur l’île.


J’aurais aimé découvrir le domaine et la distillerie, la boutique de vente et la visite en petit train…

Malheureusement cela appartient désormais à l’histoire.



J’ai eu l’occasion de déguster de vieux millésimes du Domaine de Séverin grâce à mes amis du 78 et du 94.


En plus du 1976 que je n’avais jamais dégusté avant cet article, il existe d’autres millésimes chez Domaine De Séverin : 1980, 1982, 1984, 1986, 1989, 1996, 1998 dite « Cuvée Henri Marsolle » et 2005 dite « Cuvée Pirla » (liste non exhaustive).

CREDIT PHOTO : EXCELLENCE RHUM








J’ai eu l’occasion de déguster la gamme classique il y a de nombreuses années notamment lors du Rhum Fest Paris et du Milano Rum Festival où j’étais allé par hasard lors d’un week-end à Milan.








CREDIT PHOTO : PIERRE JEAN-FRANCOIS


J’ai longtemps cherché à déguster ce Domaine de Séverin 1976, mais sans succès tant la bouteille était difficile à trouver.





Comme c’est souvent le cas dans pareilles situations, c’est finalement mon ami du 94 (splitteur de bouteilles introuvables) qui organisa le split d’une bouteille qu’il venait d’acquérir, me permettant ainsi de lui en acheter un sample.





J’ai eu beaucoup de difficulté à obtenir des photos de la bouteille et du coffret, car mon ami l’avait offert (vide) à un amateur dont c’est l’année de naissance.

C’est finalement une connaissance en Guadeloupe, grand collectionneur de rhums guadeloupéens, qui me fît l’amabilité de m’envoyer les clichés présents dans cet article (un grand merci à lui !).


J’espère avoir l’occasion de réaliser une dégustation avec lui lors de mon prochain séjour sur l’île.



Il s’agit donc d’un rhum guadeloupéen du millésime 1976 de la distillerie DOMAINE DE SÉVERIN.









Distillé en colonne et vieilli en fût de chêne, il a été embouteillé à 45%.









CREDIT PHOTO : PIERRE JEAN-FRANCOIS


CREDIT : PIERRE JEAN-FRANCOIS


D'après ce document fourni par mon ami propriétaire de la bouteille et signé de la main de José Marsolle, ce rhum a 30 ans d'âge et a été embouteillé à un peu plus de 100 exemplaires en 2006.


La robe est cuivrée.


Au nez, on découvre des arômes assez gourmands évoquant la mélasse, puis le réglisse et le cuir tané.

Arrivent ensuite des notes fruitées de compote de pomme chaude, de cerises très mûres et même de pruneau, le tout soutenu par un boisé humide agréable.


En bouche, la puissance est correcte, on trouve des arômes suaves portés sur le pruneau, la cerise noire confite, les épices chaudes (vanille) associés à des notes de pâte d’amande et de boisé humide.

Belle longueur.

Un rhum agréable à déguster, dans l’esprit des rhums guadeloupéens de l’époque, le poids historique en plus d’une distillerie au destin tourmenté et à l’avenir incertain : ⭐️⭐️⭐️

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