• Olivier Scars

VISITE D’ELEVEUR DE COGNAC : GROSPERRIN / GROSPERRIN GRANDE CHAMPAGNE NUMÉRO 24 43,4%



Je le dis d’entrée de jeu, voici la maison qui m’a fait aimer le cognac et qui représente à mes yeux ce qui se fait de mieux dans ce domaine pour tout un tas de raison que je vais vous décrire tout au long de cet article.


GROSPERRIN respecte jusqu’au moindre détail de très nombreux éléments du processus de création du cognac qui font toute la grandeur de ce noble spiritueux.


J’ai découvert le travail de cette maison de génie lors des dégustations de Noël chez mon ami du 78 avec le groupe « La Crème ».



J’ai eu l’occasion de m’y rendre pour la 1ère fois lors d’une tournée de concerts dans le Sud-Ouest.


Alors que j’allais chanter à Royan le soir même et que mon DJ avait décidé de se reposer à l’hôtel, mon ami Volodia, ma femme et moi-même prîmes la route de Saintes en direction de La Gabare.


C’est Clément, fraîchement arrivé dans l’équipe, qui nous fit la visite et Axelle Grosperrin qui mena la dégustation.


Un moment incroyable où je compris que j’étais définitivement tombé amoureux du cognac et notamment parce que je pouvais enfin le déguster dans sa forme la plus pure qui soit :


- non assemblé, mettant donc en avant chaque terroir,


- sans aucun ajout,


- majoritairement non réduit et donc embouteillé au delà des 40% (parfois même autour de 60%, quel bonheur !).



Dans le cadre de ma première série de visite de distilleries de cognac l'année d'après, j’ai eu l’occasion de réaliser une seconde visite, réalisée cette fois par Guilhem Grosperrin.

Il avait convié un grand amateur de cognac et souhaitait nous faire déguster à même les fûts.


Un moment d’échange passionnant et pour moi la découverte d'autres produits d’exception, en devenir ou déjà quasi prêts à être embouteillés.


La dégustation finale des cognacs Grosperrin déjà embouteillés a été tout aussi épique avec une bonne partie de la gamme « Trésor » ponctuée par un des rares embouteillages Grosperrin du XIXème siècle : le LOT 18.35.


Cette dégustation eut lieu dans la magnifique salle de dégustation remplie d’échantillons et de bouteilles.


On imagine notre hôte réfléchir et échanger avant de décider d’embouteiller ou non tel ou tel cognac.



J’ai eu la chance de retourner une troisième fois chez Grosperrin à la suite d'un autre concert à Royan et c’est de nouveau Clément qui mena la dégustation avec quelques nouveautés et les Pineaux Des Charentes.


CREDIT PHOTO : PIETRO CAPUTO






Notons enfin que pour diverses raisons gustatives, mais notamment pour celle qui va suivre, je prévois d’aller rendre visite à Emmanuel Dron dès que possible dans son célèbre établissement THE AULD ALLIANCE à Singapour pour déguster ce LOT 18.48 qui fait parti des rares embouteillages Grosperrin de cette époque.





CREDIT PHOTO : PIETRO CAPUTO



Jean Grosperrin s’installe en 1991 à Cognac et devient courtier de campagne.

Il parcourt alors la région et déniche des lots rares qui, à son grand regret, finiront dans des assemblages géants de grands noms du cognac.


En 1999, il achète alors quelques fûts de vieux cognacs qu’il embouteille en indiquant l’âge et l’histoire de chacun d’eux.


En 2004, son fils Guilhem reprend l’entreprise de son père parti en retraite.

Il continu alors à explorer les recoins de l’appellation et constitue des stocks de cognacs exceptionnels provenant d’héritages et de successions confidentielles.


Le travail d’éleveur passionne Guilhem, il décide alors rapidement de maîtriser tout ou partie du vieillissement en achetant par contrats des eaux-de-vie de vin et des cognacs à des viticulteurs, après avoir préalablement sélectionné des parcelles.

CREDIT PHOTO : GROSPERRIN


En 2012, la maison Grosperrin s’installe à Saintes sur les bords de la Charente dans des chais du XIXème siècle.


Axelle Grosperrin (la soeur de Guilhem) rejoint l’aventure familiale et développe la marque notamment grâce à la cave mitoyenne nommée « LA CALE ».

Elle est également l'artiste qui signe les étiquettes de certains embouteillages.



Aujourd’hui, Grosperrin travaille avec plus de 150 propriétaires dans les 6 crus de l’appellation avec la volonté de présenter sous leur meilleur jour chaque terroir sans aucun complexe d’infériorité.


Fini le tout « Grande Champagne » et les assemblages réduits systématiquement à 40%, ici on apprécie chacun des 6 terroirs pour leurs qualités et on les laisse pleinement s'exprimer.



Le chai de vieillissement est un chai humide.


L'embouteillage des cognacs se fait principalement « brut de fût » ou bien réduit au degré d’équilibre plusieurs années avant la mise en bouteille.




Pour la réduction, l’eau utilisée est purifiée, puis vivifiée grâce à des électrodes en cuivre et en argent afin de la bio-dynamiser.


Cela la rend proche de l’eau d’orage, ce qui a pour but d’améliorer son homogénéité avec le cognac lors de la réduction.



Le chai de vieillissement contient des vieux fûts qui relâchent peu de tanins afin de préserver les typicités des terroirs et des cépages.


Les fûts utilisés n’ont pas connu de chauffe forte pour les même raisons que sus-citées.


D'autre part, de nombreux cognacs sont contenus dans des dames-jeannes lorsqu'il n'y a plus d'intérêt à poursuivre leur vieillissement en fût.








Le chai de vieillissement est doté d’une magnifique cloche en bronze qui sonne en Fa chaque heure du jour.


Les vibrations accompagnent le vieillissement des cognacs, ce qui leur confèrent plus de brillance et d’éclat selon Guilhem.







CREDIT PHOTO : GROSPERRIN


L’énergie utilisée par la maison Grosperrin est 100% d’origine renouvelable.


Les fournitures telles que les boîtes, cartons et étuis proviennent du marché local et il n’est pas utilisé de mousse ni de plastique pour les coffrets.


Enfin, Grosperrin soutient et favorise l’agriculture biologique et biodynamique.



Les cognacs Grosperrin ne contiennent aucun ajout et notamment pas de sucre, de caramel ni de copeaux de bois.


Chaque lot est mis en bouteille sans assemblage.

Ils subissent juste avant une très légère filtration non à froid, uniquement afin d'éviter les dépôts.


A noter que les très vieux cognacs, ainsi que la gamme « Trésor » sont soutirés et embouteillés par gravité.


Chaque bouteille est numérotée et chaque étiquette contient un maximum d’informations : son histoire, numéro de lot ou millésime, date de mise en bouteille, terroir, degré...


Les fûts millésimés sont extrêmement contrôlés et toute intervention nécessite la présence d’un huissier de justice qui lève le scellé, émet un rapport et remet un nouveau scellé.


L’huissier est également présent lors de l’embouteillage des millésimes au cours duquel il appose un scellé sur chacune des bouteilles.



La gamme des cognacs Grosperrin se divise en plusieurs segments.

- « LES LOTS » regroupent des lots et des millésimes des différents terroirs : Grande Champagne, Petite Champagne, Borderies, Fins Bois, Bons Bois et Bois Ordinaires.


Mes plus grands coups de cœur vont vers le PETITE CHAMPAGNE 1964 60,5%, le FINS BOIS 1968 55,8% et un BONS BOIS LOT 40 42,9% pas encore embouteillé.



- « LES TRESORS » regroupent les plus prestigieux cognacs de la maison Grosperrin.


Tous à la fois exceptionnels et uniques, il m’a été bien difficile de les départager pour savoir lesquels acheter.

Mes goûts m’ont finalement orienté vers le GRANDE CHAMPAGNE NUMÉRO 24 43,4% et le BORDERIES NUMÉRO 28 52,8%.



Quelques cuvées en « Black Bottles » complètent la gamme comme le 100% FOLLE BLANCHE et le récent CÉPAGES qui est un assemblage de Folle Blanche, Colombard et Ugni Blanc, tous de Grande Champagne et issus de 4 millésimes.

À noter enfin une fabuleuse gamme de Pineau Des Charentes dont certains n’ont pas l’AOC et doivent porter le nom de Moût Muté de Cognac rebaptisé ici MMC 1, 2 et 3 selon leur âge.

Les MMC 2 et MMC 3 sont mes préférés, tout comme leur très vieux Pineau Des Charentes dont on doit la superbe étiquette à Axelle.




GROSPERRIN GRANDE CHAMPAGNE NUMÉRO 24 43,4%



C’est finalement sur ce cognac de la gamme « Trésor » de Grosperrin que j’ai jeté mon dévolu lors de ma 1ère visite.

Cognac du terroir Grande Champagne acheté à l'époque par Jean Grosperrin à la veuve d’un ancien courtier, ce Lot Numéro 24 résidait dans un chai dont seul le propriétaire possédait la clé.


Ce n’est qu’à l’article de sa mort qu’il donna la clé de ce fameux chai à sa famille qui put enfin découvrir les trésors qu’il contenait et notamment un fût contenant les 85 derniers litres de ce fameux cognac.


La maison Grosperrin l’embouteilla brut de fût à 43,4%.



La couleur est acajou.


Au nez, on est subjugué par l’intensité des arômes qui s’exprime tout en finesse.

On trouve des notes de fruits cuits (pruneaux), de fruits rouges (cerises, groseilles) et de fruits à coque associées à un boisé patiné envoûteur.


En bouche, on a une belle puissance tout en rondeur qui vient tapisser le palais, la langue et les joues.

On retrouve les notes de fruits rouges cuits presque compotés associées à des notes de boîte à cigares, de noisettes torréfiées et de vieux cuir, le tout porté par un magnifique rancio.


La longueur semble infinie.

Un monument, un chef d’œuvre : ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

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