• Olivier Scars

FAMILLE RICCI - EXCEPTION : HAMPDEN / UITVLUGT / TDL / PANAMA / SAINT LUCIA / NICARAGUA


CREDIT PHOTO : FAMILLE RICCI


Les rhums de l’embouteilleur indépendant français FAMILLE RICCI ont d’emblée suscités l’intérêt des amateurs.


CREDIT PHOTO : FAMILLE RICCI

Créée en 2019 par Morgan Ricci, la société s’établie dans la maison familiale à Mougins (près de Cannes).


Éleveur et assembleur, la Maison s’associe à la tonnellerie de Navarre afin de multiplier les paramètres des fûts sur lesquels intervenir (contenance, essence de bois, type de chauffe, type de fût…) dans le vieillissement ou l’affinage des rhums qu’elle source elle-même.


La réduction se fait avec minutie avant un embouteillage manuel sur place.



La naissance de mes deux filles et le Covid ne m’ont malheureusement pas permis de déguster leurs embouteillages jusqu’alors faute de pouvoir participer aux différents salons sur lesquels Famille Ricci était présente.


Les retours positifs que je pouvais lire sur les différents groupes Facebook m’encourageaient d’autant plus à rattraper mon retard.


CREDIT PHOTO : LES RHUMS DE L'HOMME A LA POUSSETTE


Présentée lors de l’édition de Mai 2022 du Rhum Society à Paris, la 2ème salve d’embouteillages de la série « COLLECTION EXCEPTION » fît belle impression et le retour de mon ami Laurent sur son blog « Les Rhums de l’Homme à la Poussette » me donna encore plus envie de la découvrir.


Quelques débats concernant la cuvée « Hampden 39 ans » sur le groupe Facebook « Esters & Co », ainsi que sur le blog « Tasting Bro’s » finirent de me motiver à chercher un sample de cette bouteille après avoir décliné dans un premier temps une proposition via un split au vu du prix de la bouteille.





En effet, ayant déjà dégusté et comparé tous les autres Hampden 1983 dont je vous parlais dans cet article, je pris conscience qu’il ne me serait pas concevable de passer à côté de cette cuvée.


J’écrivis alors à Morgan Ricci qui, non seulement m’envoya un sample de ce Hampden, mais également des 5 autres cuvées de cette série (un grand merci à lui !).




CREDIT PHOTO : ESTERS & CO



Cette nouvelle salve d’embouteillages de la série « EXCEPTION » se compose de 6 rhums d’origines différentes, tous embouteillés brut de fût sans aucun ajout après une double maturation tropicale / continentale :


HAMPDEN 39 ans


UITVLUGT 33 ans


TDL 31 ans


PANAMA 27 ans


SAINT LUCIA 22 ans

NICARAGUA 22 ans


SAINT LUCIA 22 ans 44%






Il s’agit d’un rum de mélasse de la distillerie Saint Lucie Distiller’s de Saint Lucia distillé en 2000 par l’alambic John Dore 1.

Il a vieilli 20 ans sur place, puis sous climat continental durant 2 ans, le tout en fût de bourbon avant d’être embouteillé brut de fût à 44% sans aucun ajout.

CREDIT PHOTO : FAMILLE RICCI



La robe est or intense.

Au nez, on découvre des notes de cappuccino, mais aussi de citron caviar, de zeste d’orange, ainsi que des notes herbacées et mentholées.


En bouche, l’attaque manque peut être un peu d’intensité à mon goût.

On retrouve des notes de café au lait, d’orange confite et de yuzu associées à des notes de gingembre, de poivre gris et d’eucalyptus.


Longueur correcte.


Bien fait dans son genre, mais pas un profil que j’apprécie réellement pour ma part :

UITVLUGT 33 ans 49,5%





Il s’agit d’un rum de mélasse de la distillerie du Guyana distillé en 1989 par l’alambic en bois Port Mourant et en colonne Savalle.


Cet assemblage de Port Mourant et de Uitvlugt a vieilli 26 ans sur place en fût de bourbon, puis sous climat continental durant 7 ans en fût de chêne américain neuf avant d’être embouteillé brut de fût à 49,5% sans aucun ajout.

CREDIT PHOTO : FAMILLE RICCI


La robe est acajou.


On découvre un nez très concentré qui a besoin d’un peu de temps d’aération pour pouvoir pleinement s’exprimer.

On trouve des notes gourmandes portées sur le toffee, la crème pâtissière, puis des notes de vieux cuir, de cape de cigare et de chocolat noir.

En bouche, l’attaque est agréable et intense portée sur des notes de cerises confites, de pruneau, de bois ancien, ainsi que de caramel légèrement brulé, de confiture de mûre, puis d’amande amère, de fève de cacao et de cendre accompagnant les notes boisées.

Très bonne longueur.

Un profil que j’aime beaucoup par son intensité et sa profondeur :


HAMPDEN 39 ans 57,9%






Il s’agit d’un rum de mélasse de la distillerie Hampden de Jamaïque distillé en 1983 (mark HGML) par un alambic double retord.

Il a vieilli 26 ans sur place, puis sous climat continental durant 13 ans, le tout en fût de bourbon avant de bénéficier d’un affinage de 8 mois en fût d’Olorosso, puis d’être embouteillé brut de fût à 57,9% sans aucun ajout.

CREDIT PHOTO : FAMILLE RICCI


La robe est or cuivré.


Le nez est très gourmand porté sur des notes de fruits exotiques trop mûrs (mangue, banane) et d’ananas rôti associées à des notes de colle et de tapenade d’olives vertes.

En bouche, l’attaque est intense avec un alcool assez présent.

On retrouve d’emblée les notes très gourmandes d’esters sur l’ananas caramélisé et la confiture de mangue, puis des notes de saumure de câpre et de gingembre associées à des notes poivrées et boisées accompagnées par des notes de chocolat noir et d’amandes effilées.

Il manque un peu de notes acidulées et de fraîcheur pour contrebalancer la gourmandise.


Très belle longueur.

Un beau profil comme tous les Hampden 1983 que j’ai pu goûter, mais un peu trop gourmand à mon goût, comme souvent sur ce mark même après très un long vieillissement.


J’en profite pour donner mon point de vue sur le débat qui a animé les semaines qui ont suivies la sortie de cette cuvée.

Je ne peux pas croire moi non plus aux 26 ans de vieillissement tropical tant sur le marquage du bois que sur la concentration des arômes.

Je pense que la traçabilité du fût a été mal réalisée, entraînant la délivrance d’informations erronées par le broker (Main Rum) à Famille Ricci dont je ne doute pas de l’honnêteté.


Le finish Olorosso vient probablement arrondir les angles, mais je trouve que cela souligne un peu trop la gourmandise du profil, ce qui pour ma part n’est pas ce que je préfère sur ce type de rum :


NICARAGUA 22 ans 60,4%





Il s’agit d’un rum de mélasse de la distillerie Compania Licorera de Nicaragua du Nicaragua distillé en 2000 en colonne.


Il a vieilli 16 ans sur place, puis sous climat continental durant 6 ans, le tout en fût de bourbon avant d’être embouteillé brut de fût à 60,4% sans aucun ajout.

CREDIT PHOTO : FAMILLE RICCI



La robe est cuivrée.


Au nez, on découvre des notes de coco caramélisé, de pâte d’amande, de brioche, de crème brûlée, de beurre noisette et de muscade.


En bouche, l’attaque est maîtrisée.

On trouve des notes de crème d’amande, de coco rance, d’amande amère et de caramel à la vanille avec des notes boisées en soutien.


Belle longueur.

Pas un profil que j’apprécie particulièrement, mais bien réalisé :


PANAMA 27 ans 62%







Il s’agit d’un rum de mélasse de la distillerie Varela du Panama distillé en 1985 en alambic colonne.

Il a vieilli 27 ans en fût de bourbon avant d’être embouteillé brut de fût à 62% sans aucun ajout.




CREDIT PHOTO : FAMILLE RICCI


La robe est rubis tirant vers le jus de cerise noire.

Je trouve le nez plus équilibré que le précédent, car un peu moins gourmand.

On découvre des notes pâtissières, de pain de mie toasté, de coco grillé, de café au lait et de frangipane.


En bouche, l’attaque est maîtrisée.

On retrouve les notes pâtissières avec des notes de beurre noisette, de brioche chaude, de coco caramélisé, de moka et de chocolat noir associées à des notes boisées bien fondues avec le reste des arômes.

Très bonne longueur.

Beau profil bien équilibré, bien que peut être un peu trop monolithique à mon goût :

TDL 31 ans 64,5%






Il s’agit d’un rum de mélasse de la distillerie Trinidad Distiller’s Limited de Trinidad distillé en 1991 en colonne quintuple.


Il a vieilli 24 ans sur place, puis sous climat continental durant 7 ans, le tout en fût de bourbon avant d’être embouteillé brut de fût à 64,5% sans aucun ajout.

CREDIT PHOTO : FAMILLE RICCI


La robe est cuivrée tirant vers l’acajou.

L’alcool est très présent au nez.

On découvre après un temps d’aération des notes de ceinture en cuir, de boîte à cigares, de fruits rouges cuits et quelques notes d’eucalyptus.


En bouche, l’attaque est maîtrisée.

On trouve des notes d’hydrocarbures gourmandes et bien fondues avec le reste des arômes que sont des notes de cuir tanné, de tabac, de sirop de cerise associées à quelques notes mentholées et boisées en soutien.


Très bonne longueur.

Un TDL très bien réalisé évoquant sur bien des aspects un Caroni :


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