• Olivier Scars

VELIER RASC 1954 JAMAICA 53% BATCH 1 / VELIER RASC 1954 JAMAICA 53% BATCH 2

Mis à jour : oct. 8



Voici 2 bouteilles qu’il n’a pas été simple de se procurer, car on ne les a pour ainsi dire pas vu en vente.


En 1980, la British Royal Navy a mis en vente son stock de flagons (sorte de dame-jeannes entourées d’osier, mais en grès) afin de collecter des fonds pour le Sailor’s Fund.


Rhums jamaïcains embouteillés en 1954 et issus du contingent des Royal Army Service Corps « RASC » (l’équivalent de notre armée de terre), ces 2 blends ont été créé par Luca Gargano (patron de Velier) et Giuseppe Begnoni.




RASC 1954 JAMAICA VELIER 53% BATCH 1



Grands professionnels, collectionneurs et amateurs inconditionnels de rhum, ces deux amis achetèrent chacun une partie de ces flagons et décidèrent d’en assembler 9 issus de la collection de Giuseppe Begnoni afin de créer cette 1ère release en 2017 à l’occasion des 70 ans de Velier.


Coup marketing ou coup de maître ? Sûrement un peu des deux.

En effet, l’assemblage est un art et je ne cesse de le répéter à travers mes différents articles.

Imaginer que mélanger des flagons au hasard donnerait un résultat fabuleux à coup sûr serait une preuve d’ignorance de ce qu’est l’assemblage.

Avec ces deux grands noms du rhum au commande, je n’étais donc pas inquiet quant au résultat.



C’est lors de mon second voyage à Gènes en 2017 après être allé au Velier Live Parma que Luca me parla de ce projet.

Alors que j’arrivai à la Villa Paradisetto (siège de Velier), Luca m’accueillit avec son enthousiasme et sa grande hospitalité habituelle, puis me dit qu’il était en plein entretien avec le représentant de toute la zone Europe d’un grand nom du whisky écossais (Velier est le plus gros importateur indépendant Italien de nombreux spiritueux).


Je lui demandai alors si il souhaitait que je repasse plus tard, mais il me dit que non et que si cela ne me dérangeait pas, il m’invitait à l’attendre dans la salle de brainstorming.


Au milieu des boîtes test et bouteilles expérimentales, je découvris ce fameux RASC 1954 sur laquelle il était d’ailleurs écrit « Blend of 6 flagons » au lieu des 9 mélangés dans la version finale.


Intrigué par cette bouteille, j’attendis que Luca revienne me voir pour l’interroger sur son contenu.

Il me raconta toute l’histoire et me confirma la qualité de ce blend.

Préférant rester parler rhum que business ce jour là, il me confia souhaiter laisser un de ces collaborateurs gérer le dossier en cours afin de continuer à discuter et déguster avec moi ses nouveautés.


Il prit alors cette bouteille et me dit : « C’est la toute première de ces bouteilles que l’on va ouvrir et j’aimerais que ce soit toi qui le fasse ! ».

Très honoré et à la fois inquiet quant à certains bouchons des célèbres bouteilles noires, je pris mon temps et réussis mon coup sans accident (ouf !).



Mon souvenir de cette cuvée est celui de l’énorme surprise de ne rien reconnaître de la palette aromatique des rhums jamaïcains que je connaissais à l’époque.

À l’aveugle, j’aurai même pu penser à un vieux Demerara !

Pas d’esters et un concentré aromatique aussi dingue que sublime.







Lors de ce long échange où nous discutâmes de lui, de moi, de Velier, des prochaines sorties et des prémisses du projet « Caroni Employees », Luca me fit déguster également un peu d’Antigua 2012 Single Cask et un Clairin venant de chez Sonson, pas encore embouteillé par Velier à ce jour.






Il m’invita ensuite à dîner avec sa femme et sa fille dans une incroyable pizzeria très authentique où le chef utilise différentes pâtes à pizza obtenues grâce à différentes levures.

Alors que nous dégustions nos pizze, Luca me fit remarquer la « décoration » au dessus du comptoir : toute une série de bouteilles de Caroni vides magnifiquement alignées par ordre chronologique !


Le repas touchant à sa fin, Luca me demanda où j’allais dormir.

Ne connaissant pas Gènes et souhaitant faire quelques économies, j’avais pris une modeste chambre d’hôtel dans un quartier central de la ville.

Très surpris par mon choix, il me dit qu’il était hors de question que je dorme là bas, car c’était dans le quartier des drogués et des prostitués !

Malgré son insistance pour me prendre une chambre d’hôtel dans un quartier plus convenable, je pris la décision de poliment refuser, ne souhaitant pas abuser de la générosité déjà immense de mon hôte.


C’est une fois rentré en France et quelques mois plus tard que mon ami occitan splitta ce fameux RASC 1954.

L’interrogeant sur sa source, il me proposa de m’en obtenir un exemplaire.

Aussitôt dit, aussitôt fait, j’étais désormais l’heureux propriétaire d’une de ces magnifiques bouteilles.



Il s’agit donc d’un blend de rhums jamaïcains issus de 9 flagons embouteillés en 1954 provenant du contingent des Royal Army Service Corps « RASC ».


Ce blend a été réalisé par Luca Gargano et Giuseppe Begnoni à l’occasion des 70 ans de Velier en 2017 et embouteillé à 53% en 58 exemplaires.




La couleur est acajou foncé.


Au nez, on trouve des notes intenses de mélasse, de caramel presque brulé, de boîte à cigare, de cuir et de pruneau.


L’attaque est maitrisée et la bouche est lourde et collante sur la mélasse avec des notes de réglisse, de bois humide, de fruits rouges trop mûrs, de fève de tonka et de tabac.


Très belle longueur.


Un magnifique rhum chargé d’histoire assemblé avec brio : ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️



Vous aussi laissez vos impressions et rédigez votre propre note de dégustation sur l'application RUM TASTING NOTES ici.



RASC 1954 JAMAICA VELIER 53% BATCH 2



Alors que je pensais que ces 58 exemplaires réunissaient tout le stock de flagons de Giuseppe Begnoni, je découvris à ma grande surprise une 2ème release de ce RASC 1954 grâce à des fuites du nouveau catalogue Velier.


Cette 2ème édition a été créé grâce aux derniers flagons de Giuseppe Begnoni associés à ceux de la réserve personnelle de Luca Gargano.

Ainsi, ce ne sont pas moins de 18 flagons qui ont été assemblés pour créer cette cuvée.


C’est cette fois grâce à Excellence Rhum que j’ai réussi à acquérir cette bouteille.

Un ami du groupe Esters & Co souhaitant la splitter m’alerta de la disponibilité de celle-ci sur ce site internet que j’affectionne beaucoup.

En effet, au delà d’un énorme référencement de ce qui existe en rhum dans le monde, on peut y trouver de très nombreuses pépites.

Bien sûr, celles-ci n’échappent pas à l’envolée des prix, mais je sais de source sûre que certaines sont tout de même vendues à prix coutant, la politique de la maison dans ces cas précis étant de bénéficier du rayonnement de pouvoir vendre de telles raretés plutôt que d’en faire des bénéfices.


Souhaitant aider mon ami à finaliser son split, je lui proposai de reprendre les choses en main grâce au réseau de fans de bouteilles de ce type que j’ai pu accumuler au fil des années et des splits. 

Il accepta et me proposa même que je puisse garder bouteille et boîte, ce que j’acceptai avec joie vu mon côté collectionneur assumé.



Le lendemain matin une fois le split terminé, je me rendis alors sur le site d’Excellence Rhum pour acheter la bouteille.

Je découvris avec stupeur que celle-ci n’était plus « Disponible », mais notée « Prochainement Disponible ».

Pour tous ceux qui achètent un tant soit peu des bouteilles de rhum sur internet, ces termes représentent une de nos plus grandes craintes.

En effet, ils ont beau nourrir l’espoir d’un réassort, ils signifient bien souvent la première étape avant que la dite bouteille ne soit finalement « Épuisée ».


J’écrivis alors rapidement à l’équipe de la boutique parisienne d’Excellence Rhum pour savoir ce qu’il en était.

Alexandre Beudet (le patron) me répondit que les rares exemplaires qu’ils avaient mis en vente sur leur site avaient été vendu dans la nuit, mais qu’il en restait une en vente directement à la boutique.

Cependant pour pouvoir l’acheter, il fallait se rendre directement sur place, car aucun envoi n’était possible.


Heureux hasard (ou signe du destin), j’étais justement dans le train pour Paris au moment où j’apprenais cette bonne nouvelle !

Ayant prévu de longue date d’aller y faire de la musique, je fis donc un détour par la superbe boutique située Rive Gauche.

Ainsi chargé de la fameuse bouteille, je me sentis pourtant beaucoup plus léger pour le reste de la journée !



Il s’agit donc d’un blend de rhums jamaïcains issus de 18 flagons embouteillés en 1954 provenant du contingent des Royal Army Service Corps « RASC ».


Ce blend a été réalisé par Luca Gargano et Giuseppe Begnoni grâce à chacun de leur stock personnel et embouteillé à 53% en 108 exemplaires.


La couleur est d’un acajou encore plus foncé que la 1ère release.


Au nez, c’est un peu plus sec que sa consoeur.

On retrouve certes les notes lourdes de mélasse, mais également des notes animales, cendrées, ainsi que de cigare et de fruits rouges cuits.


L’attaque est tout autant maitrisée, la bouche quant à elle est épaisse sur la mélasse avec des notes de pruneau, de fève de cacao, de réglisse, de tabac et de bois humide.


Très belle longueur également.


Un très beau rhum historique tout aussi bien assemblé que la 1ère release.

Ma préférence va toutefois vers la 1ère version que je trouve un peu plus « gourmande » : ⭐️⭐️⭐️⭐️



Vous aussi laissez vos impressions et rédigez votre propre note de dégustation sur l'application RUM TASTING NOTES ici.




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