• Olivier Scars

VISITE DE DISTILLERIES DE RHUM : J.M

Mis à jour : juil. 1



Les rhums J.M m’évoqueront toujours une amitié, celle que je partage avec mon ami havrais capitaine de bateau de pêche.


Pour me convertir au rhum agricole et me faire définitivement abandonner les rons édulcorés, ce dernier, de retour d’une campagne aux Antilles françaises, m’offrît une bouteille de J.M 1996 15 ans.


Ayant peur de ne pas l’apprécier immédiatement, j’attendis de former mon palais avant de l’ouvrir.



Quelques années plus tard, c’est ma recherche des millésimes de mon année de naissance 1985 dans leur version étiquette papier 10 ans et étiquette cuire 15 ans qui me permit de renouer avec cette distillerie.


J’y reviendrais d’ailleurs dans un article dédié.



Lors d’un concert que je donnais dans la Manche, je fis la rencontre avec un véritable amoureux de cette distillerie qui était en phase de réunir non seulement tous les millésimes de 1974 à nos jours, mais également de très vieux embouteillages.


Avant mon concert, je passai le voir afin de le rencontrer, échanger, admirer sa collection et déguster quelques J.M ouverts en sa possession dont la célèbre Cuvée Prestige.




Quelques temps plus tard, j’eus le plaisir de déguster le millésime 1975 avec mon ami pharmacien rouennais lors d’une belle soirée de dégustation à la maison.




Mon ami français installé au Japon me permit quant à lui d’acquérir un des trois Single Casks embouteillés brut de fût spécialement pour le pays du soleil levant.



Récemment, j’eus le plaisir de découvrir les nouvelles cuvées de chez J.M lors de l’excellent salon Rhum Society organisé par le Bar 1802 à l’intérieur des chambres de l’Hotel Montecristo à Paris.



Séjournant à Basse Pointe avec Benoit Bail (fondateur de la Confrérie Du Rhum et ambassadeur Depaz), le rhum le plus consommé localement est naturellement celui de la distillerie J.M qui se trouve non loin de là.


Afin de fêter mon arrivée et de me mettre d’emblée dans le bain, mes hôtes me proposèrent un "décollage" au rhum blanc J.M 50% vers 7h du matin juste après mon petit déjeuner.

De quoi attaquer la journée du bon pied !



Quelques minutes de route à peine après avoir quitter la maison, nous arrivâmes au Macouba où se trouve la distillerie J.M située tout au Nord de l’île.


Après avoir parcouru une route quelque peu sinueuse, nous découvrîmes en contrebas la distillerie dans un écrin de jungle tropicale.

La vue est magnifique, la sensation d'aventure saisissante.


Une fois garés, nous rejoignîmes Karine Lassalle, la maitre de chai, qui nous reçut avec un large sourire.



L’histoire de J.M débute en 1790 lorsque Antoine Leroux-Préville achète l’Habitation Fonds Préville au Macouba.


En 1845, Jean-Marie Martin achète l’Habitation / sucrerie Fonds-Préville, arrête la production de sucre et crée la marque J.M qui devient exclusivement du rhum agricole dès la fin du XIXème siècle.


En 1914, l’Habitation Bellevue, Fonds Préville et la distillerie J.M sont rachetées et réunies par Gustave Crassous de Médeuil.


En 1930, son fils René en prend la direction et la développe avec entre autres l’installation d’une machine à vapeur Corliss, ainsi que la mécanisation des cultures et de la récolte.




Sa fille Chantal et son petit fils Hubert Duchamp de Chastaigné poursuivent son action avec la création de chais de vieillissement, ainsi que la création de la célèbre étiquette J.M.


En 2002, J.M rejoint le groupe GBH, également propriétaire des rhums Clément.






Les plantations de cannes à sucre de J.M s’étendent sur environ 260 hectares.


Pour répondre à leurs besoins, J.M utilise également un apport extérieur de cannes à sucre représentant 25% de ce qu’ils utilisent.


J.M travaille 4 variétés de cannes dont les variétés « paille », « bleue » et « rouge ».


La récolte se déroule de manière mécanique habituellement de mi Janvier à fin Juin.

CREDIT PHOTO : J.M







Les cannes sont pesées et des échantillons sont prélevés afin de vérifier leur qualité.









Les cannes sont déstructurées et défibrées grâce au Schredder, puis découpées grâce au coupe canne.


La canne va ensuite être pressées grâce aux 3 moulins à 3 rolls en subissant une imbibition croisée : le jus du 3ème moulin qui contient beaucoup plus d’eau est réutilisé pour le 1er moulin afin d’assurer une meilleure extraction et ainsi réaliser une économie d’eau.






La bagasse (résidu de cannes à sucre obtenu après pressage) est utilisée pour fertiliser les plantations et comme combustible pour alimenter la chaudière qui crée la vapeur nécessaire à la distillation.








Le jus de canne (vésou) quant à lui est filtré avant de rejoindre les cuves de fermentation (14 cuves de 21.000 litres et 9 cuves de 30.000 litres).


La fermentation a lieu grâce à de la levure de boulanger en utilisant le principe de la cuve mère pour lancer la fermentation dans les autres cuves.

La fermentation dure 20-24h et permet d’obtenir un vin de canne titrant à 4,2%.





Celui-ci va être distillé grâce à 2 colonnes en cuivre et coulera en sortie de colonne aux alentours de 72%.


La réduction se fait grâce à l’eau de source de la rivière Roche coulant depuis la Montagne Pelée, puis filtrée et osmosée.


La mise en fût se fait lorsque le rhum a été réduit entre 60 et 65%.





La distillerie J.M compte 3 chais de vieillissement regroupant 10.000 fûts de chêne.






Essentiellement des fûts de chêne américain ex bourbon provenant de chez Jack Daniel’s, J.M dispose également de fûts de chêne américain neufs avec 2 types de chauffes différentes, ainsi que des fûts de chêne français neufs avec des types de chauffes différentes et de capacités différentes.












On trouve également chez J.M 6 foudres de tailles différentes allant de 9.000 à 30.000 litres.






CREDIT PHOTO : J.M


La gamme des rhums J.M est composée de millésimes, de cuvées historiques et d’expérimentations plus récentes.






En rhum blanc, on trouve :


Blanc 50%


Jungle Macouba 51,2% : rhum blanc en édition limitée.


Joyau Macouba 51,8% : rhum blanc fruit de la récolte 2017.


Blanc 55%





CREDIT PHOTO : J.M


En rhum vieillis, on trouve :


Élevé Sous bois 50% : vieilli durant 12 mois minimum dans des fûts de 200 litres au lieu des traditionnels foudres.

VO 43% : rhum vieilli durant 3 ans minimum dans des fûts de 200 litres.


VSOP 43% : rhum vieilli durant 4 ans minimum dans des fûts de 200 litres.


XO 45% : rhum vieilli durant 6 ans minimum dans des fûts de 200 litres.

CREDIT PHOTO : J.M



Terroir Volcanique 43% : assemblage de rhums de 3 ans minimum vieillis en fûts de chêne américain neufs dont le bois a bénéficié de deux chauffes différentes.



CREDIT PHOTO : J.M


CREDIT PHOTO : J.M


En ce qui concerne les cuvées prestigieuses, J.M propose :


Cuvée 1845 42% (ex Cuvée du Fondateur) : assemblage de rhums d’au moins 10 ans d’âge. Plus commercialisée.

Cuvée Prestige 45% : assemblage des plus beaux millésimes embouteillé dans une carafe numérotée en cristal.








Pour ce qui est des millésimes, on trouve :


Multimillésime 2002 - 2007 - 2009 42,3% : assemblage de ces 3 millésimes.







CREDIT PHOTO : J.M


CREDIT PHOTO : LEMONE BARBU


Millésime 2011 10 ans 43,4% : rhum vieilli durant 10 ans dans des fûts de 200 litres et embouteillé brut de fût.


Ces millésimes de 10 ans d’âge portant une étiquette en papier et siégeant dans des boîtes en carton sont produits chaque année depuis 1974.









Millésime 2003 15 ans 41,8% : rhum vieilli durant 15 ans dans des fûts de 200 litres et embouteillé brut de fût.









CREDIT PHOTO : LEMONE BARBU


Ces millésimes portant une étiquette en cuir et siégeant dans des coffrets en bois sont produits chaque année depuis 1982.












Avant 1982 et même avant 1974, on retrouve des cuvées « Hors d’âge » portant des étiquettes en cuir et des cuvées de 10 ans d’âge portant des étiquettes en papier.










CREDIT PHOTO : LEMONE BARBU





On trouve également quelques Single Casks et notamment dernièrement un millésime 1999 de 21 ans d’âge sélectionné par les français d’Old Brothers et Excellence Rhum et embouteillé brut de fût à 43,1%.





CREDIT PHOTO : EXCELLENCE RHUM






À noter que J.M s’est essayé aux finish avec des collaborations avec les maisons Delamain (Cognac), Lecompte (Calvados) et Château du Tariquet (Armagnac).






CREDIT PHOTO : J.M


On trouve par ailleurs la gamme « Atelier des Rhums » en collaboration avec Joseph Akhavan (fondateur du Mabel à Paris) qui se décline en 3 cuvées dédiées à la mixologie, mais très agréables également à la dégustation.


« Fumée Volcanique », « Épices Créoles », « Jardin Fruité », chacun de ces 3 rhums possèdent un profil organoleptique bien distinct.



CREDIT PHOTO : RUMPORTER








Bien pratique pour accompagner la gamme « Atelier des Rhums », J.M a créé 3 bitters avec des saveurs différentes : « Cacao Forastero », « Piment Bondamanjak » et « Fleur d’Atoumo ».






CREDIT PHOTO : J.M


CREDIT PHOTO : J.M


Lors de mon 1er voyage en Martinique il y a 4 ans, j’eus le plaisir de réaliser la visite touristique de chez J.M.


Celle-ci commence par le jardin des cannes à sucre qui permet de découvrir les différentes variétés de cannes utilisées par la distillerie.



Parmi les nombreuses autres choses intéressantes, on découvre le travail de tonnelier et on comprend mieux pourquoi J.M y porte un intérêt si particulier, notamment pour ce qui est des profils de chauffe de ses fûts.






CREDIT PHOTO : J.M

CREDIT PHOTO : J.M


Le visiteur est ensuite invité à se prêter au jeu de l’atelier olfactif.


Il s’agit une expérience sensorielle inédite et passionnante visant à redécouvrir les rhums J.M à travers 7 notes aromatiques caractéristiques.



Vient enfin le moment de la dégustation qui se déroule dans le magnifique espace de vente.



Un grand merci à Karine Lassalle pour sa disponibilité, son talent et son enthousiasme.

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