• Olivier Scars

VISITE DE DISTILLERIE DE RHUM : PÈRE LABAT

Dernière mise à jour : 15 mars



Lorsque l’on souhaite visiter Marie-Galante, on est confronté à un choix : faire l’aller / retour dans la journée en bateau depuis l’embarcadère de Pointe-à-Pitre ou bien passer plusieurs jours sur place.


Atterrissant à Pointe-à-Pitre lorsque l’on vient de métropole, on a souvent tendance à réserver un logement et une voiture en Guadeloupe dès notre arrivée, ce qui nous oriente donc vers le 1er choix afin de ne pas payer tout en double en débarquant à Marie-Galante.


C’est d’ailleurs ce que j’ai fait les 2 précédentes fois où je m’y suis rendu, mais force est de constater que ce n’est pas en 8 heures sur place que l’on peut découvrir tous les trésors de cette île magnifique.



J’ai donc eu l’idée de prendre un taxi depuis l’aéroport de Pointe-à-Pitre jusqu’à l’embarcadère et ainsi me rendre à Marie-Galante sans avoir à séjourner préalablement en Guadeloupe.

Cela paraît simple, mais en pratique le timinig fut extrêmement serré puisque j’atterrissais à 15h00 et que le dernier bateau partait à 17h15.


Aucun retard de vol ni au point de contrôle du pass sanitaire / test PCR ni la douane ni aux bagages ni sur la route en taxi n’étaient alors permis.



Par bonheur, tout s’est parfaitement déroulé et je suis arrivé à Marie-Galante sans retard ni encombre.

À part le fait de vomir dans le bateau comme à chaque fois qu’il y a de la houle, je ne m’y habituerai jamais…


Un de mes objectifs lors de ce voyage était de visiter la distillerie Poisson, berceau des rhums PÈRE LABAT.


Étant plus jeune, je considérais leur fameux rhum blanc 59% de cette distillerie comme un rhum sans concession pouvant vous mettre KO si vous en abusiez.


De nombreux bars au Havre et à Rouen où je réside l’utilise dans leurs cocktails Maï-Taï et Zombi pour sa puissance aromatique et son degré d’alcool.

CREDIT PHOTO : LE COMPTOIR IRLANDAIS


J’ai une affection un peu particulière pour cette distillerie du fait qu’ils aient produits deux rhums de mon année de naissance et qu’elles sont parmi les premières bouteilles de ce millésime que j’ai pu acquérir.


J’ai d’ailleurs réalisé une dégustation comparative de ces deux cuvées de 1985 dans cet article.



J’ai rencontré Jean-Cédric Brot (patron de Père Labat) il y a quelques années au Whisky Live, à l’époque où il se déroulait encore à la Cité de la Mode et du Design.


Il m’avait fait alors dégusté la désormais célèbre et rarissime cuvée 1997 18 ans sur laquelle je reviendrais plus tard dans cet article.

CREDIT PHOTO : EXCELLENCE RHUM




J’ai pris contact avec Yann Gonzalez (ambassadeur Père Labat) afin d’organiser la visite de la distillerie.


Grâce à lui (encore merci !), j’ai pu organiser cela avec Jean-Cédric.


CREDIT PHOTO : PERE LABAT


Rendez-vous était alors convenu à la distillerie pour le Lundi suivant mon arrivée sur le temps du midi.


Après m’être présenté et avoir attendu qu’il termine ce qu’il était en train de faire, Jean-Cédric m’accueillit et me proposa de me faire visiter.

Au même moment, un van rempli d’américains (très sympathique !) transporté par un guide local arriva et se joignit à nous.


J’étais très agréablement surpris de constater que le patron de la distillerie pouvait être amené à réaliser lui-même la visite à des touristes (y compris en anglais qui plus est).



Tout commence en au cours du XVIII siècle lorsque Mme Catherine Poisson acquiert un domaine à Marie-Galante auquel elle donnera son nom.


En 1863, elle se lance dans l’industrie sucrière en créant une sucrerie sur le domaine qui fonctionnera jusqu’à la fin du XIXème siècle, époque où le remaniement de la filière sucre et la nécessité de modernisation ne lui permirent plus de continuer cette aventure.


Edouard Rameaux rachète alors le domaine et la sucrerie en 1916, puis décide d’acquérir un alambic, puis une colonne créole.

Il baptise alors les rhums qu’il produit du nom du révérend Jean-Baptiste Labat dit « PÈRE LABAT », pionnier de la distillation du vin de canne frais.


A la mort d’Édouard Rameaux, son petit-fils Ernest Renault tente de remettre à flot la distillerie en perfectionnant les techniques de distillation.

En 2007, Jean-Cédric Brot rachète la distillerie qu’il modernise sans perdre l’âme de tradition de celle-ci.



Le domaine Poisson s’étend sur 550 Ha dont 50 Ha sont occupés par des champs de cannes à sucre.


Le reste de la canne utilisée pour fabriquer le rhum Père Labat provient de planteurs voisins.


Les variétés de cannes exploitées sont la canne blanche, la canne noire, la canne mauve et la canne rouge.



La canne qui arrive à la pesée, moment où l’on réalise également la mesure de son taux de sucre, est récoltée majoritairement à la main et possède donc une tige plus longue que la canne récoltée mécaniquement.





Elle est ensuite envoyée au convoyeur qui l’ouvre avant qu’elle ne soit broyée successivement par 2 moulins avec la réalisation d’imbibition en circuit clos.






Le jus de canne va ensuite rejoindre les 8 cuves de 10.000 litres où il fermentera environ 3 jours (jusqu’à 5 ou 6 jours pour le rhum Bio) grâce à des levures indigènes et de la levure de boulangerie.



Le vin de canne obtenu titre autour de 5%.


Ce vin de canne va être ensuite distillé grâce à 2 colonnes créole d’époque en cuivre.


Le rhum coule de la colonne à 70,7%.


La réduction se fait lentement grâce à de l’eau de pluie.


Le rhum blanc repose ensuite 38 semaines.







Le domaine possède à ce jour 1 chai de vieillissement qui contient 380 fûts, ainsi que 3 foudres de chêne.


L’immense majorité de ces fûts de chêne sont des ex Jack Daniel’s.


Père Labat dispose également de quelques fûts ex cognac et ex grands crus classés de vins.


La mise en bouteille se fait sur place à la distillerie avec un étiquetage à la main.



Au terme de la visite, je pus déguster une grande partie de la gamme en compagnie de Jean-Cédric dans un espace dédié.



Puis acheter des bouteilles à la boutique du domaine.



CREDIT PHOTO : PERE LABAT


La gamme des rhums Père Labat se compose de rhums blancs, de rhums vieillis et de liqueurs.


CREDIT PHOTO : PERE LABAT

Pour la gamme des rhums blancs, on trouve :


59% : cuvée iconique de la marque.


50%

40%




Bio 52% : rhum blanc obtenu grâce à des cannes à sucre Bio récoltées à la main et dont le jus fermente durant 5 à 6 jours (au lieu de 3 habituellement).

Embouteillé en 3024 exemplaires.


Bio 60% : rhum blanc obtenu grâce à des cannes à sucre Bio récoltées à la main et dont le jus fermente durant 5 à 6 jours (au lieu de 3 habituellement).

Embouteillé en 360 exemplaires.


CREDIT PHOTO : PERE LABAT




Le Clos Parcellaire Les Mangles 53% : rhum blanc obtenu grâce à des cannes mauves récoltées à la main située dans la parcelle « Les Mangles » située au Nord du Domaine Poisson.

Embouteillé en 3024 exemplaires.


Le Clos Parcellaire Les Mangles 61% : rhum blanc obtenu grâce à des cannes mauves récoltées à la main située dans la parcelle « Les Mangles » située au Nord du Domaine Poisson.

Embouteillé en 360 exemplaires.


CREDIT PHOTO : PERE LABAT










Brut de colonne 70,7%





CREDIT PHOTO : PERE LABAT


CREDIT PHOTO : PERE LABAT


Parmi les rhums vieillis, on peut citer :


Rhum Soleil 59% : rhum vieilli pendant 6 mois en foudre de chêne.

L’Or 45%


Rhum Doré 50%


Cuvée Spéciale 42%

3 ans 45%


XO 42% : rhum de 6 ans d’âge embouteillé en 3500 exemplaires.







8 ans 42% : cuvée iconique de la marque.








CREDIT PHOTO : PERE LABAT



Parmi les millésimes, on peut citer :









Black Opus 2009 42% : rhum de 8 ans d’âge dont 3 ans d’affinage en fûts de cognac avec 3 chauffes différentes.








CREDIT PHOTO : PERE LABAT









2010 45% : rhum de 8 ans d’âge.


2004 45% : rhum de 13 ans d’âge.








CREDIT PHOTO : BEST OF WINES








1997 43% : rhum de 18 ans d’âge embouteillé en 197 exemplaires.


1995 43% : rhum de 20 ans d’âge embouteillé en 98 exemplaires.



CREDIT PHOTO : EXCELLENCE RHUM


Parmi les millésimes vintages, on peut citer :




1982 42%

1983 43%


1985 42%


1985 54,5%


1989 42%

1995 42%


1997 42%


CREDIT PHOTO : EXCELLENCE RHUM







Parmi les rares embouteillages indépendants, on peut citer :


2010 70th Velier Anniversary 57,5% : rhum provenant de l’assemblage des fûts 105 et 106, puis embouteillé en 610 exemplaires.


CREDIT PHOTO : LIONS WHISKY









À noter une gamme de liqueurs et de punchs dont le délicieux Punch Coco dont j’ai pu apprécier les superbes saveurs au cours de mon séjour.








À noter enfin que la cuvée Silver Opus millésime 2011 est en approche.

Ce rhum vieilli en fût ex vin blanc grand cru classé affiche de belles promesses.



Pour l'anecdote, j'ai pu déguster le millésime 1982 lors de mon dernier séjour à Prague dans l'excellent bar RUMHOUSE.

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