• Olivier Scars

SAINT-ETIENNE 1960 45% / HSE 1960 45%

Dernière mise à jour : 24 janv.


Dans la série des dégustation comparative de légende, celle des deux versions du millesime 1960 de l’actuelle distillerie martiniquaise HSE en fait définitivement parti.


Je ne l’avais pas réalisé depuis longtemps, j’en ai eu l’envie après avoir comparé trois versions du HSE 1998 dans cet article.


J’ai déjà détaillé dans cet autre article de nombreuses choses sur le premier embouteillage existant du millésime 1960 alors appelé Saint-Etienne 1960.


On lit que ce rhum aurait une vingtaine d’année.


On lit aussi que ce rhum aurait été vendu avec les murs à l’actuelle HSE et qu’il ne figurait pas sur les registres (source durhum.com)


Je vous laisse donc le (re)découvrir afin de connaître le bar où j’ai pu le déguster la première fois et comment s’est déroulée l’acquisition de la bouteille que je possède.

CREDIT PHOTO : EXCELLENCE RHUM


La version HSE 1960 est un réembouteillage de la première version avec 6 ans de vieillissement supplémentaire.


Il est actuellement vendu dans une superbe bouteille, elle-même contenue dans un coffret tout aussi magnifique.


J’ai dégusté pour la première fois ce rhum grâce au split réalisé par mon ami pharmacien.


Le split ne parvenant pas aller jusqu’à son terme, je lui proposai alors de racheter les derniers samples à condition de pouvoir acquérir également la bouteille vide.


Possédant déjà la première version de ce millésime, je réalisai avec lui, puis un peu plus tard avec mon ami Jean-Paul, la dégustation comparative des deux versions.


Je n’ai jamais réussi à les départager tant je préférais une fois l’un et l’autre la fois d’après.



Lors de mon voyage récent en Martinique avec mon ami Benoit Bail-Danel, ce dernier ouvrit après un délicieux repas la bouteille qu’il venait d’acquérir.


Je ne sais pas si c’est le moment, la qualité du rhum ou les deux, mais je le trouvai alors sublime.


Vous retrouverez tous les détails de ma visite de chez HSE dans cet article.



Je profite de cet article pour revenir sur certains de mes propos tenus sur la première version de ce millésime.


Dans cet article, je pointais du doigt le fait qu’on manque d’informations à propos de ces deux rhums.


Je n’accusais alors personne, et je n’accuse d’ailleurs toujours personne, je trouvais simplement dommage de ne pas pouvoir en savoir davantage à propos de ces deux spiritueux.


Je me souviens que lorsque j’avais rédigé cet article, un débat c’était alors ouvert et étendu au manque de transparence de certaines cuvées très anciennes, ce qui n’était pas mon propos initial.


J’étais alors accusé par certains d’être trop naïf en acceptant le discours officiel des marques qui déclarent ne réellement pas posséder ces informations, tandis que d’autres m’accusaient de vouloir créer des polémiques afin de faire du buzz (mon blog n’avait alors que quelques mois d’existence).



Pour faire un parallèle avec le calvados, en demandant en off à certains maîtres de chai ou ambassadeur de marque de me révéler certains secrets à propos de certaines cuvées, j’ai pu apprendre des choses parfois effarantes leur faisant perdre une partie de leur charme jusqu’alors entretenu par le mystère.


Mise à part quelques exceptions, je n’ai jamais réussi à obtenir toutes les réponses souhaitées concernant certains rhums rarissimes.


S’offrait alors à moi le choix de croire ou non le discours officiel.


CRÉDIT PHOTO : MON COPAIN CAVISTE


À force de frustration, j’ai fini par accepter qu’il y existe au mieux des secrets qui ont été perdus ou oubliés plus ou moins volontairement, au pire qu’il n’est peut être pas complètement idiot de ne pas tout révéler au risque de faire perdre toute sa magie à certaines cuvées.


Qui plus est concernant la parole d’un homme, il est malheureusement impossible d’estimer si il s’agit d’une rumeur ou d’une vérité.


Ma réflexion scientifique forgée par mon métier m’imposant de ne croire que ce qui repose sur des preuves solides, je me retrouve donc coincé pour certaines bouteilles.


Je tiens à préciser que je ne cherche aucunement à me désavouer, mais je trouvais intéressant de vous faire part de mon cheminement sur cette question.

Je ne me renierai jamais à dire que « tant qu’une cuvée est bonne, peu importe ce qu’il y a dedans », mais je nuancerai ma soif de transparence (toujours aussi intense je vous rassure) avec une forme d’acceptation de ne pas pouvoir tout savoir.


Acceptation qu’il ne faudra toutefois pas confondre avec de la résignation, puisque je continuerai sans cesse à interroger les propriétaires, les maîtres de chai et les représentants des marques de rhum sur leurs cuvées les plus mystérieuses.



Pour conclure et avant de passer à la dégustation, je tiens à préciser que j’ai une très grande confiance en Cyril Lawson qui m’a prouvé par le passé qu’il en était largement digne.

Je peux également tout à fait admettre que lorsque l’on rachète une Habitation, il puisse manquer des informations de traçabilité sur une cuvée aussi ancienne, qui plus est qui existait avant le rachat.


SAINT-ETIENNE 1960 45%




La robe est de couleur café noir avec des reflets acajou.


Au nez, on découvre des notes de bois noble légèrement vernis associées à des notes plus gourmandes portées sur les fruits secs torréfiées (noisettes), de pain toasté, de fruits rouges cuits (cerise), puis de réglisse et légèrement mentholées.


La bouche débute par une attaque agréable.



On découvre des notes d’un boisé plus humide qu’au nez associées à des notes de cuir, d’épices chaudes (cannelle), de tabac blond et de noix, puis une finale légèrement amère (amande) sans être trop prononcée.


Belle longueur.



Un profil d’époque assez franc tout en restant complexe : ⭐️⭐️⭐️



Vous aussi laissez vos impressions et rédigez votre propre note de dégustation sur l'application RUMX ici.




HSE 1960 45%





La robe est acajou avec des reflets rubis.


Au nez, c’est plus gourmand que la 1ère version avec des notes de toffee, de caramel au café, de chocolat noir et de brioche associées à des notes boisées légèrement vernis bien fondues avec les autres arômes.

Apparaissent enfin des notes un peu plus fraiches portées sur l’eucalyptus.


En bouche, l’attaque est agréable également.





On trouve des notes gourmandes pâtissières et briochées, de fruits secs (date) et de pâte d’amande, le tout bien balancé par des notes de fève de cacao, de muscade, de cape de cigare, ainsi que des notes boisées chaudes très bien fondues là encore.


Très belle longueur.


Un profil qui me séduit davantage, car un peu plus gourmand et surtout plus équilibré dans sa palette aromatique.

La longueur me semble également légèrement supérieure.

Jusqu’à la prochaine dégustation comparative de ces 2 là : ⭐️⭐️⭐️⭐️



Vous aussi laissez vos impressions et rédigez votre propre note de dégustation sur l'application RUMX ici.

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