• Olivier Scars

VISITE DE DISTILLERIE DE RHUM : W.I.R.D


CREDIT PHOTO : ROGER CARONI


Il y a peu, j’ai eu le plaisir d’être invité avec l’équipe du « Single Cast » et du groupe Facebook « Plantation Rum Addict » à la Barbade par Maison Ferrand (Plantation, Cognac Ferrand, Citadelle Gin) dans le but de visiter entre autre la distillerie W.I.R.D récemment acquise par l’entreprise française.


Lors de mon 1er voyage à la Barbade en 2018, W.I.R.D est la seule distillerie que je n’avais pas pu visiter, ce nouveau voyage était donc l’occasion rêvée, qui plus est avec une équipe de choc !


Je reviendrais dans un autre article sur les reste du voyage, car je souhaite me concentrer aujourd’hui sur la visite de cette distillerie.



CREDIT PHOTO : TROYK890

J’ai initialement découvert W.I.R.D à travers de nombreux splits organisés sur les groupes Facebook dédiés notamment par mon meilleur ami italien et mon ami occitan.


Toutes ces cuvées présentaient comme point commun d’être des sélections réalisées par des embouteilleurs indépendants à travers le monde.

On trouvait d’ailleurs tant tôt la mention "Barbados", tant tôt la mention "Blackrock" ou encore « Rockley », mais finalement que rarement la mention "W.I.R.D".


CREDIT PHOTO : THE LONE CANER





Bristol, Velier, Samaroli, Berry Bros, Duncan Taylor, Cadenhead’s et plus récemment Plantation ont embouteillé différents rhums de cette distillerie qui présentent des notes plus ou moins fumées baptisées par nombreux amateurs « profil Rockley ».


Ce terme désigne l’alambic dit Rockley Still utilisé par la distillerie et est devenu iconique.












Vous retrouverez d’ailleurs ma note de dégustation d’un des 2 embouteillages Velier dans cet article et du Samaroli Full Proof dans celui-ci.











Plus récemment, d’autres embouteilleurs indépendants comme Nobilis, Rum Artesanal, Cave Guildive, Silver Seal ou encore The Rum Cask ont sortis des cuvées de chez W.I.R.D, notamment du désormais célèbre millésime 1986 si cher à mon ami Jean-Paul dont c’est l’année de naissance.






CREDIT PHOTO : QUEBEC RHUM



En parlant d’ami, je me dois de saluer un autre normand qui voue un véritable culte à cette distillerie et ces embouteillages indépendants au point de réussir à en dénicher certains dont je n’avais jamais entendu parler !



La visite commença de bonne heure et de bonne humeur au visitor center de la distillerie où Andrew Hassell, le manager de W.I.R.D, nous attendait.



Celui-ci nous exposa grâce à un PowerPoint l’histoire de la distillerie et, à travers elle, l’histoire du rhum à la Barbade.


George Stade fonde en 1893 West Indies Rum Distillery, alors appelée West India Rum Refinery.


Cet européen ingénieur de formation connaît bien la production du rhum et a notamment déposé de nombreux brevets en rapport avec la distillation.


W.I.R.R. vend alors le rhum qu’il produit à différentes sociétés de l’île, mais n’embouteille pas pas en son nom.

La distillerie n’a donc pas de marque attitrée, bien que le nom « Stade » soit utilisé sur les étiquettes de ses clients comme gage de qualité.



En 1901, la distillerie devient accessible aux actionnaires privés et George Stade retourne en Europe.


En 1927, W.I.R.D se met à vendre du rhum vieux.


La distillation au fil du temps se fait grâce à différents outils de production.


On peut citer successivement en 1936 le Batson Still, puis en 1945 le Blair Still (colonne), en 1946 le Vulcan Still (chamber Still), en 1957 le Greg Farm Pot Still, en 1975 le John Dore Still, puis des colonnes plus récentes.



En 2017, Maison Ferrand rachète à Goddard Entreprises Limited la distillerie avec la volonté de travailler avec des agriculteurs locaux et d’investir dans l’économie barbadienne.


La société emploie aujourd’hui 80 salariés et produit désormais également la 1ère marque officielle de rhum de W.I.R.D.







Après cette introduction, Alexandre Gabriel (patron de Maison Ferrand) nous rejoignit afin de mener la visite.


Une des particularités de cette distillerie est sa situation géographique sur une plage de la côte Ouest de l’île (Brighton Beach).






Quel plaisir se doit être pour les employés de W.I.R.D de pouvoir prendre quelques instants chaque jour afin d’admirer la mer sur leur lieu de travail !



De la plage, la distillerie semble étonnamment plutôt bien se fondre dans le décor !


Le Beach Club accolé au visitor center a également été racheté par la société française qui a pour projet de continuer à l’aménager afin de rendre la visite du site la plus attractive possible.








Avant de commencer la visite de l’unité de production à proprement parler, Alexandre nous montra l'unité de réparation de fût qui fonctionne grâce à une machine datant d'un siècle !









Puis il nous montra la chambre forte de la distillerie où se trouve des ouvrages historiques traitants des différentes techniques de production du rhum et de son histoire à la Barbade.



Pour bien imaginer comment fonctionne cette distillerie, il faut comprendre qu’il y a une bonne partie de la production de rhum qui est produite en colonne pour être revendue à diverses sociétés, ainsi qu’une autre partie qui est utilisée pour Plantation et pour la toute jeune marque officielle de W.I.R.D baptisée « STADE’S RUM » (rhums de pot still et de colonne).





Par ailleurs, il est intéressant de constater les aménagements et agrandissements de la distillerie au fur et à mesure du temps en observant les différences d’architecture des bâtiments.






L’unité de production est grosso modo divisée en deux parties définies de ce qu’elles produisent.


La matière première reste toutefois la même : la mélasse.



Il existe 3 critères de qualité de mélasse (A, B, C) en fonction de son taux de sucre.


W.I.R.D utilise majoritairement de la mélasse de classe A dont 10% est locale et représente 80% de la mélasse produite sur l’île.


Les 90% restants de mélasse utilisées sont importés.



Pour ce qui est du rhum produit en colonne, la mélasse mélangée à de l’eau va fermenter dans des cuves en inox grâce à des levures classiques.









La distillation est réalisée grâce aux nombreuses colonnes de la distillerie.















Pour ce qui est du rhum produit grâce aux alambics, la mélasse mélangée à de l’eau va fermenter durant 1 à 3 semaines dans des foudres en cèdre grâce à des levures sélectionnées.











Il y a actuellement un travail ayant pour but de sélectionner des levures.


Celles-ci se développent dans des cuves en béton avant d’être analysées au laboratoire.







Il y a également des expérimentations de fermentation avec un peu d’eau de mer (technique ancestrale barbadienne pour la production de rhum sur l’île).










La distillation est réalisée grâce aux nombreux alambics présents historiquement dans la distillerie : John Dore, Vulcain, Greg…














Les distillats sont étudiés toutes les 4h en chromatographie dans un laboratoire de la distillerie.














Les 8 chais de vieillissement regroupent à ce jour 21.000 fûts (en majorité ex bourbon), mais peuvent en contenir jusqu’à 35.000.

















La réduction est réalisée grâce à de l’eau osmosée.









STADE’S RUM regroupe à ce jour 2 rhums.










Le premier baptisé « BEACH VAT N.1 » est un rhum blanc ayant reposé dans un vieux foudre au bord de la mer.
















Sa couleur est donc très légèrement paille.











Il est embouteillé à 43%.


CREDIT PHOTO : BENOIT BAIL

Le deuxième baptisé « BOND N.8 » est un rhum ayant vieilli 6 mois dans des fûts de chêne contenus dans le chai de vieillissement numéro 8.



Il est également embouteillé à 43%.



La visite se conclut par une dégustation de 5 fûts différents montrant la richesse des combinaisons possibles entre pot still, colonne, high esters etc…


Un moment très agréable et prometteur pour la suite !





Après cette magnifique visite d’environ 4h, nous avons eu le plaisir de déjeuner au Beach Club, puis d’enchaîner baignades et dégustations de fûts inédits (dont un cognac Ferrand ayant vieilli en partie à la Barbade !) jusqu’au soleil couchant.






Une journée inoubliable avec des hôtes incroyables et une super équipe !


Un immense merci à tous, notamment Alexandre Gabriel, Andrew Hassell, Matthieu Gouze, Alexandre Mourigué et Mélissa Renard.


Hâte de découvrir les futurs embouteillages de cette distillerie mythique !



CREDIT PHOTO : MATTHIEU GOUZE

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